Dandy Warhol
14 mai, 2009 • Catégorie: On a testé •
Coup de coeur : “Clic Clac dans la boite”
La visite-atelier pour enfants de l’expo Le Grand Monde d’Andy Wahrol au Grand Palais
Initier Félix et Suzanne au pop-art et les inviter à faire leur portrait à la façon d’Andy Wahrol : c’est possible au Grand Palais. Immersion dans une visite-atelier exclusivement réservée aux juniors.
Andy Wahrol n’a pas seulement peint des boîtes de soupe Campbell et des paquets de lessive Brillo. Dès 1967, le pape du pop-art réalise sur commande des portraits de personnalités diverses, célèbres ou inconnues, de Blondie à Mao, d’Elvis à Ethel Scull, l’épouse d’un prospère amateur d’art. Ce sont 130 de ces portraits qu’expose actuellement le Grand Palais. Et pour sensibiliser nos chères têtes blondes à l’art moderne, les Galeries nationales proposent aux 8-11 ans une visite-atelier intitulée « Clic-Clac dans la boîte ». Au menu, la visite de l’expo avec une conférencière suivi d’un atelier où les enfants sont invités à réaliser leur portrait à la manière du grand Andy.
La vie en pop
Ce mercredi, Gabriel, Emma, Noé, Juliette, Luna, Maïa et les autres se montrent attentifs. Dotés de petits casques à infra-rouge qui leur donnent l’air de touristes japonais en goguette, ils suivent Valérie, leur guide du jour. Celle-ci les invite à regarder une série de portraits de Marylin et, d’entrée, les interpelle : « Connaissez-vous cette actrice ? », « Qui était-elle ? », « Comment Andy Wahrol l’a-t-il représentée ? ». Les réponses sont hésitantes, mais les enfants se piquent vite au jeu. Sur le nom du mouvement artistique dont il est le symbole, ça sèche dans les rangs. Mais bien vite, nos amateurs d’art comprennent que c’était un taquin, ce monsieur Wahrol. Qui peignait les symboles de la société de consommation comme des icônes, et les stars comme des produits de masse. « Toutes ces Marylin identiques, c’est un peu comme les paquets de gâteaux alignés dans les rayons des supermarchés », fait observer Valérie. On hoche la tête.
Pourtant, si les enfants ont bien capté la démarche de l’artiste, certains restent sceptiques quant à la qualité artistique de son œuvre. « Moi je trouve pas ça très joli, pas très original », soupire l’une. « A l’époque, sa démarche était extrêmement moderne », rappelle Valérie. Devant un impressionnant Mao Zedong fardé comme une femme : « Pourquoi sent-on que Wahrol ne l’aime pas beaucoup ? ». Les réponses fusent. « C’est un peu une caricature ». « Il y a de la peinture mal faite ». « Il se moque de lui en le maquillant ». Mais bientôt il est temps de passer à l’action. Limitée au rez-de-chaussée, la visite a permis aux enfants de saisir les codes de Wahrol, son mode d’emploi. A eux maintenant de jouer les artistes.
Comme à la Factory
Après un parcours labyrinthique dans les étages du Grand Palais, on entre dans une salle dédiée aux ateliers. Là, les enfants sont invités à poser un à un sur fond blanc devant un appareil numérique. « Pensez aux modèles de Wahrol : jouez les stars !» les invite Valérie. Pourtant, la gravité et la concentration dominent. On regarde les copains sans moufter, et quand c’est son tour, on tâche de faire bonne figure.
Puis les enfants sont répartis autour de grandes tables et reçoivent leur photo format A4, imprimé dans un en noir et blanc très contrasté. Didactique, Valérie explique la règle du jeu : on se limite à quatre couleurs, et, pour éviter que le portrait ne vire à la bouillie de couleurs, on se limite à peindre les cheveux, les sourcils, les paupières et la bouche. Pinceau en main, Noémie s’applique. Gabriel, le clown de la bande, se voit en créature horrifique, avec des coulées de sang sur les mains… Pas tout à fait la consigne mais manifestement, les enfants s’amusent. Trente minutes plus tard, il est temps de ranger ses pinceaux. Lèvres carmin, cheveux jaune citron, paupières fuschia… les portraits de nos artistes en herbe semblent presque sortis de la Factory. Tandis que sa création, alignée par terre, attend de sécher, Alix note dans le livre d’or « J’aime beaucoup l’expo par aport aux autres expos. C’est génial ».
CLIC-CLAC DANS LA BOÎTE
Durée : 2 heures.
Tous les mercredis et samedis à 14h, jusqu’au 8 juillet.
Tarif unique : 9€.
Réservation sur place ou sur http://www.rmn.fr/Clic-clac-dans-la-boite-ateliers
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Aurelia Hadji Lazaro
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